Artiste à l’honneur

Katie Kotler

Entrevue avec l’artiste en vedette de l’EDAA 2019

Katie Kotler est une artiste, musicienne et conservatrice de Toronto. Travaillant principalement dans le domaine de l’animation et de l’installation, elle intègre à ses œuvres des couleurs fluo et des formes géométriques.

Qu’est-ce qui vous semble le plus attrayant dans les formats numériques et sur écran?

J’aime l’indépendance de la postproduction. J’aime travailler seule et me concentrer sur les détails. J’apprécie également le travail de montage. Pour moi, l’utilisation de formats numériques présente un défi : comment puis-je être créative même si certains paramètres sont préétablis, et quelle est l’œuvre la plus maximaliste que je puisse construire en utilisant le moins de matériel extérieur possible?

Comment voyez-vous la relation entre les espaces virtuels et l’installation dans votre pratique?

L’installation est une façon de mobiliser les auditoires d’une manière plus tactile et éphémère que le simple fait de se fier aux œuvres sur écran. La vie contemporaine tourne autour de l’écran; l’installation est un répit nécessaire de nos vies en 2D.

De plus, j’aime l’idée de créer un récit en utilisant plusieurs médias. Le spectateur n’est jamais capable de les « assimiler tous », c’est comme quand quelqu’un achète un repas McDonald’s pour enfants et reçoit un jouet de son film favori, ou mange des céréales qui portent le nom de son personnage favori. Il faut s’engager à utiliser une plus grande partie de son imagination pour entrer dans des mondes magiques lorsqu’on interagit avec différents médias; une autre sorte de « suspension de l’incrédulité » est exigée.

En trois mots, comment décririez-vous votre style?

Expressionniste abstrait contemporain

En tant qu’artiste en début de carrière, mais aussi en tant que personne qui a toujours été impliquée dans la culture artistique autogérée, comment avez-vous vu vos œuvres évoluer de l’époque où vous étudiez à celle où vous travailliez à des projets de programmation ou de conservation, puis à la période actuelle, alors que votre pratique est plus indépendante?

Mes thèmes se développent et, je l’espère, s’enrichissent. Au début, je souhaitais créer toutes les images dans ma tête que j’avais recueillies au fil des années de visionnement de vidéoclips à la télévision et de vidéos d’art sur YouTube. Au cours des dernières années, j’ai cherché à comprendre mon désir de créer des espaces éthériques comme reflet de moi-même et ma tendance à absorber les humeurs et les énergies.

Quel genre de travail n’avez-vous pas fait que vous avez hâte de faire à l’avenir?

J’aimerais faire du travail plus commercial, comme des vidéoclips et des publicités. J’aimerais aussi essayer la confection de vêtements avec mes images dessus.