c a c o p h o n i e.

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Nous voulons transformer cet espace en espace de conversation. Pensez moins autopromotion, mais plus autoréflexion.

Pour commencer, nous tenons des propos qui ne sont pas les nôtres. Ces propos nous provoquent, nous incitent à agir, nous apaisent et nous enragent, nous inspirent, nous positionnent, nous mettent au défi et, surtout, nous obligent à rendre des comptes. Ce sont les voix que nous voulons entendre.

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Fondamentalement, la technologie n’est pas progressive. Ses utilisations sont fusionnées avec la culture dans une boucle de rétroaction positive qui rend impossibles le séquençage linéaire, la prévision et la prudence absolue. L’innovation technoscientifique doit être liée à une pensée théorique et politique collective. Dès qu’on est tenté de croire qu’Amazon Echo ou Google Home sont des êtres féminins, une bataille est déjà perdue. Voilà aussi pourquoi nous n’avons pas besoin d’autres androïdes et films sur les androïdes qui se traînent dans des intrigues sur l’âme et l’humanité. Ce dont nous avons besoin, c’est d’autres androïdes et histoires d’androïdes qui sont travestis. [Nous parlons ici] de robotique noire, d’androïdes autochtones, d’intelligence artificielle altersexuelle. Bref, d’autres genres humains. Une question agaçante depuis le début était « Que se passerait-il si vous aviez des objets qui n’étaient pas intelligents, en ce sens qu’ils sont efficaces, mais qu’ils sont différents de vous, c’est-à-dire qu’ils ne comprennent pas qui vous êtes? » La révolution économique engendrée par les technologies de l’information doit sans aucun doute être alimentée par une production ininterrompue de sens et de discours sémantiques; en d’autres termes, nos capacités d’expression doivent être constamment maintenues en activité. Qu’il soit sous-entendu que l’architecture machine des algorithmes et des données constitue une autre forme de conception idéologique (imprégnée de décisions humaines) ou que les machines soient, somme toute, non intelligentes et, par conséquent, puissent se comporter de façon empirique (c’est-à-dire comme de simples vérificatrices de données), ce qui semble manquer ici, c’est une critique spéculative de l’apprentissage automatique qui considère que les machines ne sont pas uniquement des exemples de rationalité instrumentale. Alors, peut-être devrions-nous réexaminer la rigoureuse logique qui sous-tend la plupart des intelligences machine aux fins d’établissement d’un dialogue. Les conversations absurdes sont le propre de l’être humain. Et si nous voulons savoir ce que c’est que d’être un robot, nous devrons apprendre à communiquer de nouvelles façons et à croire les robots lorsqu’ils nous parlent de leur vie.

Humain : Que vous demandent les gens?
Siri : L’univers est rempli de questions étranges et sans fin. Et on me les pose toutes.

Il existe des parallèles intrigants entre la façon dont la valeur est construite dans les économies numériques et sur les marchés artistiques, et non uniquement sur le plan philosophique, c’est-à-dire « cela vaut ce que nous convenons que cela vaut ». Compte tenu des outils dont nous disposons à l’heure actuelle, il est vraiment difficile pour les gens de savoir s’ils se trouvent dans un environnement artistique ou seulement dans un environnement de contenu (p. ex., un site Web commercial). Consulter Tumblr, Pinterest, et l’étrange ancienne collection de listes GIF drôles qui servaient à alimenter Internet revient presque à visiter des expositions d’art sur Internet. Si, par le passé, l’art était l’une des rares façons d’observer une image, aujourd’hui, une image sans auteur, présentée à des fins de divertissement et reproduite indéfiniment avec de légères variantes, est suffisamment puissante pour amorcer un concours avec des images d’art contemporain d’auteur. Lorsque les œuvres d’art sont numériques, le partage se fait bien sûr beaucoup plus facilement. Cependant, le suivi et la propriété de ces copies constituent tout un défi. (Expliquez le concept de copie numérique à un collectionneur. La plupart d’entre eux ne comprennent pas qu’un fichier original est identique à une copie.) Internet est aussi réel que les artistes qui s’assoient devant leur ordinateur pour y appliquer des concepts. Toute l’information sur le Web est stockée sur des serveurs matériels et son transfert est tributaire de l’infrastructure physique où elle se trouve. Les artistes déterminent si les versions originales de leurs œuvres peuvent être installées, exécutées, interactives, reproduites, encodées ou mises en réseau. Ils indiquent également si des versions futures peuvent être stockées, transférées, émulées ou recyclées. Chaque session sur un logiciel est comme une pièce, avec un début, un milieu et une fin. Tout comme une pièce existe à la fois sous forme de script et sous forme de performance, le logiciel a une existence statique comme code et une existence fluide lors de chaque session utilisateur. L’obsession constante du « vrai » en dit plus sur le public que sur les producteurs… les gens sont mal à l’aise avec ce qu’ils ne peuvent pas toucher, avec ce avec quoi ils ne peuvent pas coexister directement. Ils doivent réexaminer l’espace, le temps et la réalité de façons auxquelles la plupart d’entre eux ne sont tout simplement pas préparés.

[Nous pouvons] maintenant redémarrer.

 

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